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Médiathèque Saint Hubert - Son histoire
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Eglise Saint–Hubert
De la chapelle à la médiathèque...
Un peu d’histoire…
La chapelle
A l’origine, vers 1100, l’église n’était en réalité qu’une chapelle édifiée par les moines de l’abbaye de Saint-Hubert en Ardennes (Belgique). Souhaitant instaurer un pèlerinage local en l’honneur de saint Hubert, intercesseur et protecteur contre les épidémies, les moines lui dédièrent la chapelle et y déposèrent, dans un reliquaire d’argent, une précieuse relique du saint.En ces temps de grands pèlerinages, la chapelle attira de nombreux fidèles. En 1174, les religieux cédèrent la chapelle à l’abbaye de Justemont. Ils le regrettèrent car, sous l’action des prémontrés, le pèlerinage connut un grand succès (notamment financier !).
1° Description extérieure
La statue équestre de Jeanne d’Arc
En arrivant sur la place, on découvre le monument aux morts de 1914-18 d’un genre particulier : érigé en 1921, il représente en effet Jeanne d’Arc dressée sur ses étriers, la sainte patronne de la Lorraine. Gandrange fut l’un des premiers villages désannexés à vouloir fêter Jeanne d’Arc, symbole de la délivrance de nos provinces, mythe vivant pour toute la vallée de l’Orne après 48 années d’annexion et de résistance à la germanisation. Dans l’attente de la construction du monument (œuvre de P. Lumière, artiste aux Ets Val’Osne, fondeur à Paris), le clocher retrouva le 17 avril 1921 ses deux cloches volées par les Allemands en 1917. L’une fut dédiée à Notre-Dame-de-la-Paix, l’autre bien sûr à Jeanne d’Arc.
Le 12 juin 1921, jour de l’inauguration, la population découvrit une impressionnante statue équestre de Jeanne d’Arc sur son fougueux coursier cabré, brandissant haut et ferme son étendard. Il s’agissait d’un monument-ossuaire puisque l’on y déposa les restes mortels des défunts Gandrangeois retrouvés dans le comblement de l’ancien cimetière jouxtant jadis l’église. Sur la pierre du monument sont gravés, d’un côté, les noms des soldats tombés sous l’uniforme français, et, de l’autre côté, ceux tombés sous l’uniforme allemand. Cet édifice commémoratif est sans conteste l’un des plus prestigieux de Lorraine.
Les fortifications
Séparée par un clocher et une sacristie de construction assez récente, la face nord de l’édifice dévoile, sous le toit et dominant l’ancienne porte d’entrée, un mâchicoulis (balcon au sommet des murailles ou des tours des châteaux forts, percé d’ouvertures à sa p
artie inférieure, permettant de laisser tomber des projectiles sur l’ennemi), deux meurtrières (fente verticale pratiquée dans un mur de fortification pour jeter des projectiles ou tirer sur les assaillants) ouvertes et une rebouchée, qui indiquent que l’église était initialement fortifiée.
L’adjonction de la sacristie et du clocher est de date incertaine. La surélévation du clocher est datée de 1839. On notera que la pierre employée aux différentes époques de construction est toujours en calcaire de Jaumont, incomparable pierre de couleur jaune, chaude et belle.
La croix de Saint Hubert
A droite du clocher, on peut voir un calvaire de type « Bildstock » (« fût à images ») daté de 1626. Il s’agit d’un bel exemple de restauration puisqu’en 1993 les éléments du calvaire gisaient dans le sous-sol du centre social de la commune.
Il fut originairement érigé à l’angle du café Saint-Hubert, rue de Verdun. Ayant échappé, malgré quelques mutilations, aux destructions de 1636 dues à la guerre de Trente ans, la croix fut enfin déplacée au début du 20e siècle pour aboutir à droite du clocher de l’église.
C’est une œuvre magnifique de l’art religieux populaire.
Les croix Bildstock sont d’ailleurs très caractéristiques de la région de Thionville où elles s’y développèrent à partir du 15e siècle, sous l’influence des artistes trévirois.
Le monument se présente avec un socle harmonieusement proportionné surmonté d’un fût trapézoïdal supportant un édicule à quatre niches. Il est sommé d’une très belle crucifixion.
Ses sculptures montrent des mutilations définitives. On y discerne cependant encore : de face Saint Hubert en adoration devant le cerf miraculeux alors qu’un de ses chiens est encore en position d’attaque vers l’animal ; à droite Sainte Barbe à côté d’une imposante tour lisse sans fenêtres ; derrière Saint Nicolas ; et à gauche, il s’agirait de Saint Pierre.
L’inscription sur le fût est en allemand et indique le nom du donateur. Elle pourrait être la suivante : Harta et son épouse ont érigé cette croix à la gloire de Dieu - 1626 - .
Si l’on regarde de l’autre côté de la croix, on remarque que cette face servait de cadran solaire.

Les éléments en façade
A gauche de l’actuelle porte d’entrée, on devine des pierres tombales encastrées dans le mur. Celles-ci proviennent de l’ancien cimetière qui était situé autour de l’église.
Dans une niche pratiquée au-dessus de l’ancien portail apparaît une statue équestre en pierre de Saint Hubert.
Cette effigie sculptée d’une main sûre et bien conservée remonte très vraisemblablement à la fin du 14e siècle.
Après les relevés établis par l’architecte Tornow, l’édifice est classé Monument Historique d’Alsace et de Lorraine le 19 avril 1896, en période allemande.
Puis, l’ouvrage étant jugé trop petit pour accueillir tous les paroissiens de Gandrange et d’Amnéville, ce même architecte réalise, en 1901, l’extension de l’église, comportant la prolongation de l’ancienne nef par une troisième travée, un baptistère (une chapelle destinée aux fonts baptismaux) et une grande sacristie (à la droite du chœur).
2° Description intérieure
La nef
L’église Saint-Hubert, qui est très exactement orientée, ne comporte qu’une seule nef à trois travées et un chœur de plan carré légèrement désaxé.
A l’intérieur, on relève une unité parfaite de style.
La nef est composée de trois travées à plan carré dont deux sont originelles. La troisième, en façade ouest, est prévue au projet de 1897 et réalisée probablement à partir de 1902.
Le couvrement de ces travées est réalisé en voûtes à croisées d’ogives portant sur des piliers, à trois fûts pour la plupart, qui se prolongent d’un seul jet dans le plein-cintre.
A noter que sur la façade sud de la première travée de la nef, à l’angle du Chevet, existe une niche légèrement arquée et ayant obligé à la réalisation d’un cul de lampe en remplacement de la colonnette normale de support de la croisée. Il est probable que cette niche recevait un autel secondaire, à moins qu’elle n’ait été réalisée pour l’implantation d’une chaire.
Lors de la restauration de l’église, en 1994, il a été décidé de remplacer l’ensemble des vitraux de la nef par des fenêtres transparentes.
On peut remarquer, d’autre part, (en se plaçant sur la mezzanine), une curieuse dissymétrie de la nef, qui court hors de l’axe du chœur.
Certains prétendent que cette rare anomalie était voulue et symbolisait la position penchée du Christ sur la croix ;
Le Chœur
Le Chœur est également à plan carré de dimension légèrement inférieure aux travées de la nef. On y trouve une voûte à plan étoilé à quatre branches comportant au départ des colonnettes simples, une série de huit tiercerons aboutissant à des clefs à blasons jusqu’à la clé ronde centrale.
Le plan du chœur est légèrement décalé par rapport à la nef.
Se trouve également dans une niche aménagée en pierre à eau, à droite du chevet, l’emplacement des anciens fonts baptismaux (cachés actuellement par le meuble multimédia).
Dans le chevet, on note la présence d’importantes traces de décors polychromes, dont les plus significatives datent du 18e
siècle.
On relève notamment sur les colonnettes des motifs de fleurs de lys d’or sur fon azur.
Le chevet est un véritable chef-d’œuvre d’art gothique, propre à introduire le visiteur dans l’enchantement des sanctuaires de cette époque. Sa voûte, entre autres, mérite que l’on s’y attarde un instant.
Le chœur de l’église est d’ailleurs classé monument historique le 19 avril 1896 et de nouveau en 1926.
La restauration de ses fresques sera certainement envisagée dans un avenir plus ou moins proche.
Les Vitraux
A gauche de l’ancien maître-autel, on aperçoit une petite niche eucharistique percée d’une ouverture ronde garnie de quatre rayons : l’oculus qui était auparavant fermé par une grille forgée. Le Saint-Sacrement y était conservé autrefois. Cette construction date de la fin du 19e siècle.
Le vitrail majeur du chevet, représentant le miracle de Saint Hubert, date très probablement des années 1900-1910. Il a nécessité une restauration, ainsi que l’oculus.
C’est M. Léon Soufflet, notable de Gandrange, qui paya les vitraux du chœur.
La rosace polylobée, située en façade Ouest (à l’autre extrémité de l’église), était en revanche en excellent état de conservation.

Le miracle de Saint Hubert
Selon la légende, Saint Hubert, un seigneur ardennais parti chasser un vendredi saint, poursuivait un cerf blanc qui soudain s’arrêta et lui fit face. Il vit s’inscrire entre les bois du cerf un crucifix d’or. Il reconnut en lui le Christ, se repentit et se convertit. Il entra dans les ordres et devint évêque de Maastricht. Il se consacra dés lors à la christianisation des forêts.
Il aurait reçu d’un ange une étole devant laquelle il suffisait de prier pour être guéri de la rage. L’ancien mythe du chasseur fantôme devint la quête d’un noble expiant sa passion pour ce loisir cruel…
Saint Hubert est le patron des chasseurs.
Une Reconversion réussie :
La médiathèque
Après la construction d’un nouveau lieu de culte en 1979, près de la mairie, l’église est restée désaffectée durant plusieurs années.
Souhaitant sauvegarder un bâtiment du patrimoine local, la commune décide en 1992, sous l’impulsion de son nouveau maire, Michel Bigaré, de restaurer l’église et de la reconvertir en médiathèque.
Sous l’égide de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Lorraine, le projet, supervisé par les Monuments Historiques, est établi par l’architecte Jacques Rizzotti, qui a mené sa réalisation entre octobre 1993 et septembre 1994.
La nouvelle médiathèque Saint-Hubert a ouvert ses portes au public le 10 janvier 1995 et a été inaugurée en septembre de la même année.
Jusqu’à sa laïcisation, en 1980, l’église Saint-Hubert demeura l’âme du village, la gardienne de la foi des paroissiens. Elle veille désormais à l’enrichissement de leur savoir…
Bibliographie :
« Gandrange-Boussange : les grandes heures du siècle »
Jean-Jacques Sitek ; ph. Christian Legay ; Serge Domini éditeur, 1999,
« Du pressoir au laminoir » - Laurent Appel - Imprimerie Fort-Moselle, 1983.
Médiathèque Saint-Hubert
Place Jeanne d’Arc - 57175 Gandrange - Tél. : 03 87 58 33 03
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La communauté villageoise s’étant étoffée autour de la chapelle, au 15e siècle, l’évêché de Metz et les moines du Justemont décidèrent d’édifier une petite église rurale à l’architecture inspirée du gothique tardif. Fortifiée au 16e siècle en raison du passage des « gens de guerre », elle fut restaurée après les destructions de 1636. Les fidèles y installèrent tout autour de leur cimetière.
Elle devint église paroissiale en 1807. En 1839, on remplaça son clocher de bois par un clocher de pierre, puis en 1901 sa nef fut agrandie.
Cette église est la seule de son espèce et de cette beauté dans tout le pays thionvillois.

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